Renouer avec son corps

Avant ou après mon coming-out trans, mon corps a toujours été un problème, et pas forcément sur ce que l’on pourrait penser de prime abord lorsque l’on parle de transgendérisme. On s’attend au manque de seins, le rejet du pénis, mais dans mon cas cela était surtout lié à ma morphologie, éctomorphe, doublée d’une taille relativement importante, 1,85m.

Au maximum que j’ai atteint…

Adulte, c’était vraiment l’enfer, constamment entendre dire que l’on est trop mince pour un mec, voire « être une femme », alors que l’on ne se sent pas à sa place dans la case « mec », et que forcée par les choses, on doive tenter de s’y conformer. Hélas être éctomorphe, ça veut dire porter autant à la musculation que les autres, mésomorphes ou endomorphes, paraissant, eux, musculeux, tout en ayant l’air d’avoir une faible musculature. Un complexe que j’ai tenté de régler durant de nombreuses années, avec une alimentation riche, des pots de protéines, de la créatine, et autres stimulants, sans avoir les changements que j’espérais (je n’ai atteint que 85kg, et il me fallait entretenir ce poids, sinon je perdais très vite).
Finalement, ça n’est que depuis peu que je réalise que mon corps est un atout, et que si je n’ai pas eu la carrure de l’irlandais ou italien moyen (mes origines), c’est probablement car j’étais destinée à être une femme de 65kg, mon poids moyen, même si certains détails de mon corps ont poussé les gens à penser le contraire. Plus « drôle », je me sens même finalement un peu privilégiée par rapport aux personnes dont le corps handicape leur passing. Idem avec mon visage d’ailleurs, car j’ai la chance de ne pas avoir les traits durs, et me permet d’avoir un passing relativement correct sans hormones (mais avec maquillage!).
Cela ne veut pas non plus dire que je bondis de joie, car j’ai toujours des complexes, mais en laisser derrière soi que l’on avait depuis une vingtaine d’années a un effet libérateur, ce qui me conforte dans l’idée que mon coming-out était la meilleure chose à faire. 🙂