Dessin à poils

J’ai ressorti ma tablette graphique, histoire de faire un peu d’illustration. Hélas le stylet déconne, sans compter que j’ai peu d’expérience avec ce système, étant habituée au papier-crayon, puis scan et vectorisation/perfection avec Illustratror. La seule expérience réelle avec une tablette c’est la modélisation 3D et le détourage, surtout en vidéo (rotobrush sous After Effects notamment ❤️ ).
Enfin bref, j’ai réussi le chat et mon bonhomme ressemble à rien, mais vous avez compris le principe ?

strip-cat

PS: si vous ne comprenez pas l’anglais
– Va t’épiler !
« Est-ce que vous demanderiez ça à votre chat ? »

Les femmes et la gâchette

les-femmes-et-la-gachette-ridiculousPhénomène de mode, la presse s’est jetée sur le filon « les femmes et les jeux-vidéo », basant ses analyses sur des pourcentages la plupart représentatifs, malgré eux, d’un niveau de médiocrité assez alarmant. Problème, que les sites aient un contenu rédactionnel destiné aux femmes ou non, ils s’égalaient en machisme et/ou ignorance, faisant de la gente féminine une masse sans distinction aucune, rabaissée au rang de bétail. Ça semble d’ailleurs être le machisme qui était de mise, les photos illustrant ces articles étant issues de catalogues Corbis ou autres, dépeignant de jolies niaises avec des manettes reliées à rien du tout.
Les termes pour séparer les hommes ne sont jamais employés — par les médias — pour les femmes, pourquoi ? Pourtant ça ne manque pas, casual gamer, mid-core gamer, hardcore gamer, retro gamer, il y en a pour tous les goûts, mais lorsqu’il s’agit de décrire les femmes, on nous dit que le jeu-vidéo prend dorénavant une part conséquente de leur vie; merci pour ces informations hautement inutiles. L’idéal serait cependant de savoir quelle est la répartition, de même qu’arrêter d’utiliser un vocabulaire technique lorsque l’on s’adresse aux hommes et d’un vocabulaire profane lorsque la cible est féminine, et quand bien même les annotations existent, cultiver l’ignorance de celles (ou ceux, les hommes aussi lisent les articles destinés aux femmes) qui viennent de s’y mettre n’aide en rien, si ce n’est les exclure.
les-femmes-et-la-gachette-dealwithitIl ne faut cependant pas se leurrer, l’acceptation et la reconnaissance des femmes dans la cours des gamers est un combat social qui sera aussi long que d’autres, même si tout va plus vite dans l’univers des jeux-vidéo. Et puis comment élever la femme à un rang égal alors que dans la vie de tous les jours elle reste reléguée au second plan afin de laisser une séparation, qui aussi infime soit-elle, est là pour rassurer le mâle et le conforter dans sa domination.
Pourtant le mâle a évolué dans sa relation avec la gente féminine, envers et contre tout. Le nerf du jeu-vidéo c’est d’offrir au joueur la possibilité d’incarner de multiples personnalités, et après de nombreuses années de suprématie d’icônes masculines, celui-ci a eu envie de pouvoir incarner une femme. Il n’a pas envie de s’essayer aux tampax, ne soyons pas ridicules, mais assumée ou non, l’homme cherche à révéler sa part de féminité dans une société où elle n’est pas admise (sujet discrètement abordé dans le Strange Days de Kathryn Bigelow). Il y aura fallu attendre l’arrivée des consoles de cinquième génération (Saturn, Playstation, N64) pour que le joueur puisse avoir le choix du genre qu’il pouvait incarner. Qui a pris Chris pour finir Resident Evil ? Pas grand monde.
Evidemment l’émergence de personnages féminins s’est aussi souvent fait au détriment de l’image du beau sexe. Tout le buzz autour de la saga Tomb Raider a été concentré sur la plastique de son héroïne. Finalement, car on le sait, le succès du jeu sur la longueur est à imputer à son gameplay, et non aux formes polygonales de Lara Croft. Qui est le macho, celui qui joue à un jeu avec une héroïne à la plastique parfaite, ou celui qui n’accepte pas qu’une femme forte puisse AUSSI être belle ?
les-femmes-et-la-gachette-herturnL’adhérence des femmes au mouvement vidéoludique ne cesse également d’être attribué aux jeux qui sont de véritables hontes, mais pas forcément de façon incompréhensible. Tristement nous savons qu’une majorité de la population est contrôlée par la publicité, et donc très souvent par la médiocrité. Des hordes de jeux de piètre qualité sont vendus aux messieurs, mais aucun article ne dresse de constat déclarant « les hommes achètent des daubes ». En revanche lorsque l’équivalent est vendu aux femmes, à savoir des « jeux » leur apprenant à faire la cuisine ou à perdre du poids, la conclusion est que celles-ci en raffolent.
Au final les femmes restent persuadées que les hommes n’aiment que les jeux où il faut tuer son prochain ou marquer des buts, alors que ces derniers pensent que celles-ci aiment faire la cuisine, perpétuant des idées reçues et éduquant les deux genres d’une façon très rétrograde.
N’oublions pas non plus que cette population de femmes férues de ces jeux n’étaient à l’arrivée de la DS, plate-forme nomade et regorgeant de titres tous plus avilissants les uns que les autres, que des adolescentes, donc d’un point de vue commercial plus facilement malléables, à grands renforts de boitiers ultra mignons, arborant chiots ou poneys. Cette technique de vente n’est évidemment pas nouvelle, elle remonte aux prémices de la publicité et a été utilisée avec la plupart des produits de grande consommation (produits genrés rose/bleu, catalogues de jouets genrés filles/garçons…), mais elle continue à créer une séparation entre les deux genres, en plus d’éduquer d’une façon rappelant les vieux cartoons Disney des années 50.
les-femmes-et-la-gachette-thewomanLes femmes aiment tuer leur prochain et aiment le gore. Les femmes aiment chasser le dragon (littéralement hein, pas fumer des joints, enfin c’est un autre débat ça) et obtenir de nouveaux pouvoirs magiques. Le problème c’est que lorsqu’elles ont l’opportunité de le découvrir, c’est soit parce qu’elles ont eu la chance d’avoir des parents renseignés sur le sujet, soit parce qu’elles ont eu une attirance naturelle pour ces jeux, ou encore par moyens détournés, notamment en voyant quelqu’un y jouer.
Le seul produit à venir apporter un peu d’équilibre dans tout cela est le RPG façon Skyrim. Genres et races permettent des combinaisons infinies, octroyant à un homme la possibilité d’incarner une femme elfe ou à une femme d’incarner un orc. Cependant tout cela reste scripté, et c’est finalement dans le MMORPG que toutes les frontières finissent par voler en éclats. Un homme peut incarner une femme dominant des femmes qui incarnent des hommes, et inversement, l’anonymat permettant ce que la « réalité » ne permet pas. La société contemporaine n’ayant toujours pas réussi à rendre les genres égaux (binaires, non-binaires et transgenres), il semble que son évolution doive passer par le cyberespace. Qui a dit que les univers numériques étaient un mal ? Ne seraient-ils pas notre avenir, ou au moins, une partie ?

PS: comme toujours les articles sont ouverts aux commentaires pour modifications/précisions, donc n’hésitez pas à commenter 😉

Open-world de mon monde !

resurrectionBienvenue à toi l’internaute !

Ce message est un message d’ouverture, similaire à ce que l’on pourrait définir comme « préface », expliquant aussi bien qui je suis que l’endroit où tu viens d’arriver.
Mon nom tu le connais déjà, il est dans ta barre d’adresse, passons.
J’ai été assignée garçon à la naissance, mais n’étant pas de la famille des éléphants, mes premiers pas sont lointains, cependant je me rappellerai toujours de ma première manifestation de ce que l’on appelle une dysphorie du genre.
Je ne me sentais pas en phase avec ce pour lequel on me prenait, et j’ai dit à ma mère « maman, j’aurais aimé être une fille ». Au milieu des années 80, inutile de vous dire que cette phrase sonnait absurde, ce qui n’a d’ailleurs guère changé, bien que certaines émissions commencent à se pencher sur le sujet.
Elle me demanda « pourquoi ? ». Une question qui pour moi rejoignait l’absurdité précédemment citée. Ma réponse le fut elle-aussi tout autant « parce que j’aurais voulu pouvoir faire des bébés ».
Que ce soit dit, et BIEN dit, le genre, féminin ou masculin, ne se situe pas entre vos cuisses, ni dans votre cortex, le cerveau étant neutre (cf. plasticité neuronale), mais c’est quelque chose que vous ressentez en vous, et extrêmement difficile à décrire. Imaginez simplement que votre esprit soit transférer dans un corps de sexe opposé. Plus rien ne serait, en mesure des législations actuelles, capable de prouver votre genre, si ce n’est votre certitude de celui auquel appartenir, or la bonne foi est le dernier des critères pris en compte lorsque la justice délibère : bienvenue en prison, votre corps.

transContinuons notre histoire.
Par la suite j’ai connu, tristement, ce auquel la plupart des enfants transgenres mal entourés sont confrontés, un rejet du père, homophobe, qui à chaque coup qu’il lui assène, le traite de « fille », tout en lui demandant, évidemment, d’arrêter de pleurer « comme une fille ». Ma mère n’ayant de surcroit aucune influence au sein du foyer, et moi refusant la moindre autorité, ma seule option a été de me dresser éternellement contre mon père, car bien que je fusse sans cesse perdante, il était hors de question qu’il s’en sorte sans un souvenir de nos altercations. Une gouttière sciée en deux, une lunette arrière de Renault 19 explosée, cela pourrait me faire passer pour une sado-maso, or lorsque votre père vous bat sans raison, autant « rentabiliser » cela au maximum, d’autant plus qu’au collège, privé et d’excellente réputation, les choses n’étaient guère mieux et aucune autorité paternelle ne s’est manifestée afin d’endiguer cela.
Lorsque toutes les filles de cinquième ont signé un carnet attestant que j’étais le plus laid du collège, alors que je me gavais de jeux-vidéo et films d’horreur, je suis devenue la preuve vivante que ces univers ne rendent pas violent.
Faut dire que je cumulais les tares, en plus d’être faussement assignée garçon et d’une timidité maladive, j’avais un an d’avance sur les autres, et ma croissance laborieuse faisait que j’étais plus petit que les filles, et aussi plus faible, en plus d’être fascinée par un univers dont un nombre incroyable de membres sont passés par le suicide dans les années 80/90 : l’univers geek. Biologie, électronique, informatique, jeux-vidéo, science-fiction/horreur/fantastique, heroic-fantasy, comics, mangas, en résumé j’arborais une gigantesque pancarte « KICK ME! ». En outre, j’ai recouru à la même technique qu’avec mon père, me venger, encore et toujours, peu importe le retour, quitte à me faire rosser ou finir en colle.

kick-me

Puis, un dernier poids est venu davantage troubler ma vie, l’arrivée de mon frère. Vous me direz, cela aurait pu m’alléger d’un peu de la pression paternelle, hélas non, puisque celui-ci pavoisait de voir que les courbes de croissance du carnet de santé de mon frère lui étaient bien plus favorables, tout comme ses résultats scolaires ou sa beauté, PARENTING LEVEL : SHIT.
Par la suite les choses se sont améliorées, mes parents ont divorcé, et après un an avec mon père j’ai réussi à m’en extirper pour rejoindre ma mère et mon frère, à Dijon, puis à l’ouest de la région parisienne, et bien que les fins de mois furent difficiles, ce furent mes meilleures années.
error twiceÀ vingt ans, certainement trop jeune, je me suis installée avec une jeune femme, mais cela n’a pas dépassé deux années, puis par la suite je suis revenue certainement là où je n’aurais jamais dû revenir (ou peut-être que si ?), là où j’ai grandi, en Picardie. J’ai renoué avec mon père, mais je me suis surtout engluée dans ce microcosme où je tentais de me protéger de mes angoisses, ma timidité évoquée plus haut s’étant transformée au fil des années en agoraphobie et phobie sociale. Printemps 2012, sans traitement ni suivi depuis des années, je n’étais plus capable de sortir seule de chez moi, et ma compagne décida de mettre fin à notre relation, après six années de vie commune. Je pourrais lui en vouloir, mais comment en vouloir à une personne de quitter un fantôme ? Un fantôme qui avait malgré tout dans son coeur sa fiancée et sa fille, car bien que le proverbe dise que l’on ne peut aimer que si l’on s’aime soi-même, j’y arrivais quand même.
Quoiqu’il en soit, je me retrouvais à nouveau seule, et bien que mes phobies furent toujours présentes, j’ai remonté progressivement la pente, sortant de nouveau, jusqu’à rencontrer la personne qui m’a fait quitter cette ville hors de laquelle je ne m’étais aventurée depuis des années. Hélas cette relation a vite foiré (mais sommes restées amies), l’employeur pour lequel je travaillais ne m’a jamais payée, je n’avais plus de domicile, et sans ma compagne actuelle je ne serais probablement pas là à vous saouler avec mon ersatz de roman.

AHSOn en arrive à maintenant.
Maintenant, j’ai un domicile, je travaille à mon compte, dans le domaine qui me plait, vulgairement baptisé « informatique », mais plus spécifiquement, dans mon cas, le développement de sites web, l’infographie et la vidéo (réalisation de clips, jingles…). Je passe également beaucoup de temps à écrire, puisque je suis aussi critique ciné (avantage de la solitude, développer ses compétences), et aussi auteure à mes heures (je travaille d’ailleurs sur un docu féministe, je vous en reparlerai ultérieurement).
J’ai entamé ma conversion au judaïsme après une longue passion théologique qui a démarré durant mon adolescence, notamment par le biais du bouddhisme, qui reste toujours pour moi source d’inspiration, mais également le celtisme irlandais, de par ma famille maternelle irlandaise, ainsi que la plupart des autres, mais il y en a trop pour les énumérer.
Forcément, rien n’est parfait, et mes problèmes de croissance évoqués plus haut, et non traités, ont conduit aux complications de mon Osgood-Schlatter, qui me donne la sensation de me prendre des coups de marteaux sous les rotules à chaque pas, ce qui est particulièrement douloureux, même lorsque l’on y est habitué depuis plus de vingt ans ! (et parfois sans bouger)
Le positif, il y en a toujours, et je l’avais gardé pour la fin, c’est mon coming-out, que j’ai décidé de faire il y a quelques semaines. J’ai réalisé, après la fusillade au Bataclan à quelques kilomètres de chez moi, ainsi que les divers attentats ayant eu lieu dans le monde au même moment, en plus de mes 35 ans arrivant, que si chacun des morts pouvait me parler, il me dirait de vivre ma vie comme je l’entends, et non de la façon dont on me force, car cela serait me priver de l’un de mes droits élémentaires, même si des gens penseront inévitablement le contraire.

Mon but est donc, avec ce blog (et vlog!), de parler de ma transition, du droit des trans, de féminisme, des univers qui me plaisent, en somme vous offrir un Call Me Caitlyn bien plus proche de la vie d’une personne trans standard.

Merci à toi de m’avoir lue, et n’hésite pas à poser des questions, mon but étant aussi d’y répondre afin que les échanges avec le lectorat ne soient pas à sens unique 🙂

NB: des passages de ma présentation ont été écourtés car vu que je vais revenir dans le futur sur certains points je n’ai pas envie de les développer maintenant (ou alors parce que c’était trop trash, exemples : actes de torture que j’ai subis, automutilations, TS…). C’est une présentation, pas une biographie.😉

Artemis