Snopes et ses debunks particuliers…

« Misandry Mondays », lorsqu’un article porte ce titre, on sait instantanément où l’on a mis les pieds : misandrie ? Dans une société patriarcale ? C’est un peu comme pleurer lorsqu’un taureau embroche un torero, ça n’est que justice lorsque l’on harcèle un être vivant, d’autant que le ratio de décès taureaux/toreros est loin d’être comparable.
Bref, je vous avais parlé il y a peu de Roosh V, persona non grata depuis qu’il a publié des ouvrages afin de rentrer par tous les moyens dans la culotte des filles, mais surtout, il a statué dans l’un de ses articles « make rape legal if done on private property » (rendez le viol légal si fait dans le domaine privé).

Snopes, site spécialisé dans le « debunk » de hoax, nous explique que c’en est un.
Approfondissons cela…

Roosh V ne s’attendait pas à ce qu’un mouvement féministe mondial ne contrecarre ses projets de réunions de masculinistes dans la plupart des grandes villes mondiales (dont Paris et Nantes), ni à ce que des boxeuses annoncent leur présence à différents points de rendez-vous.
Étant donné qu’il n’y a rien de pire pour un masculiniste que de se faire rosser et devoir courber l’échine devant une femme, ces rassemblements ont été annulés, et Roosh a écrit, le 3 février 2016, dans la précipitation et l’angoisse, et seulement sur Twitter, « the « How To Stop Rape » article was satire ».
Visiblement, Snopes considère qu’une déclaration sur un média, et non sur les articles de son site, est une excuse suffisante pour conclure au hoax (et le fait qu’une femme ait rédigé l’article de Snopes donne d’autant plus envie de se taper la tête contre les murs, pire si l’on considère que l’article a été partagé presque 16.000 fois !).
Ça ne l’est pas, il suffit de comparer le nombre de visiteurs le soutenant sur son site à celui de ceux qui le suivent sur Twitter, si tenté en plus qu’ils aient vu passé le Tweet.

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Un peu de LGBTphobie…

Legorafi, comme Nordpresse, sont des sites satiriques, et l’écrivent un peu partout sur leurs sites afin de ne pas induire le lecteur en erreur.

A fortiori, les autres articles de son site, qu’il n’a pas décrit, eux, comme satiriques, sont TRÈS loin d’aller dans son sens (certains ont même vu leur contenu disparaitre d’un coup, comme « 59 Powerful Quotes That Reveal The True Nature Of Women », compilant des citations autour de la vénalité et la vanité féminine, entre autres), ainsi que tout un tas d’autres tournant autour de la supériorité des hommes sur les femmes (dont intellectuelle).

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Cela dit, il n’a pas de quoi pavoiser…

Je vous invite donc à (re)lire mon article à son sujet, afin de continuer la pression auprès de son hébergeur, ainsi que faire interdire son bouquin à la vente (via la pétition sur change.org).

Les femmes et la gâchette

les-femmes-et-la-gachette-ridiculousPhénomène de mode, la presse s’est jetée sur le filon « les femmes et les jeux-vidéo », basant ses analyses sur des pourcentages la plupart représentatifs, malgré eux, d’un niveau de médiocrité assez alarmant. Problème, que les sites aient un contenu rédactionnel destiné aux femmes ou non, ils s’égalaient en machisme et/ou ignorance, faisant de la gente féminine une masse sans distinction aucune, rabaissée au rang de bétail. Ça semble d’ailleurs être le machisme qui était de mise, les photos illustrant ces articles étant issues de catalogues Corbis ou autres, dépeignant de jolies niaises avec des manettes reliées à rien du tout.
Les termes pour séparer les hommes ne sont jamais employés — par les médias — pour les femmes, pourquoi ? Pourtant ça ne manque pas, casual gamer, mid-core gamer, hardcore gamer, retro gamer, il y en a pour tous les goûts, mais lorsqu’il s’agit de décrire les femmes, on nous dit que le jeu-vidéo prend dorénavant une part conséquente de leur vie; merci pour ces informations hautement inutiles. L’idéal serait cependant de savoir quelle est la répartition, de même qu’arrêter d’utiliser un vocabulaire technique lorsque l’on s’adresse aux hommes et d’un vocabulaire profane lorsque la cible est féminine, et quand bien même les annotations existent, cultiver l’ignorance de celles (ou ceux, les hommes aussi lisent les articles destinés aux femmes) qui viennent de s’y mettre n’aide en rien, si ce n’est les exclure.
les-femmes-et-la-gachette-dealwithitIl ne faut cependant pas se leurrer, l’acceptation et la reconnaissance des femmes dans la cours des gamers est un combat social qui sera aussi long que d’autres, même si tout va plus vite dans l’univers des jeux-vidéo. Et puis comment élever la femme à un rang égal alors que dans la vie de tous les jours elle reste reléguée au second plan afin de laisser une séparation, qui aussi infime soit-elle, est là pour rassurer le mâle et le conforter dans sa domination.
Pourtant le mâle a évolué dans sa relation avec la gente féminine, envers et contre tout. Le nerf du jeu-vidéo c’est d’offrir au joueur la possibilité d’incarner de multiples personnalités, et après de nombreuses années de suprématie d’icônes masculines, celui-ci a eu envie de pouvoir incarner une femme. Il n’a pas envie de s’essayer aux tampax, ne soyons pas ridicules, mais assumée ou non, l’homme cherche à révéler sa part de féminité dans une société où elle n’est pas admise (sujet discrètement abordé dans le Strange Days de Kathryn Bigelow). Il y aura fallu attendre l’arrivée des consoles de cinquième génération (Saturn, Playstation, N64) pour que le joueur puisse avoir le choix du genre qu’il pouvait incarner. Qui a pris Chris pour finir Resident Evil ? Pas grand monde.
Evidemment l’émergence de personnages féminins s’est aussi souvent fait au détriment de l’image du beau sexe. Tout le buzz autour de la saga Tomb Raider a été concentré sur la plastique de son héroïne. Finalement, car on le sait, le succès du jeu sur la longueur est à imputer à son gameplay, et non aux formes polygonales de Lara Croft. Qui est le macho, celui qui joue à un jeu avec une héroïne à la plastique parfaite, ou celui qui n’accepte pas qu’une femme forte puisse AUSSI être belle ?
les-femmes-et-la-gachette-herturnL’adhérence des femmes au mouvement vidéoludique ne cesse également d’être attribué aux jeux qui sont de véritables hontes, mais pas forcément de façon incompréhensible. Tristement nous savons qu’une majorité de la population est contrôlée par la publicité, et donc très souvent par la médiocrité. Des hordes de jeux de piètre qualité sont vendus aux messieurs, mais aucun article ne dresse de constat déclarant « les hommes achètent des daubes ». En revanche lorsque l’équivalent est vendu aux femmes, à savoir des « jeux » leur apprenant à faire la cuisine ou à perdre du poids, la conclusion est que celles-ci en raffolent.
Au final les femmes restent persuadées que les hommes n’aiment que les jeux où il faut tuer son prochain ou marquer des buts, alors que ces derniers pensent que celles-ci aiment faire la cuisine, perpétuant des idées reçues et éduquant les deux genres d’une façon très rétrograde.
N’oublions pas non plus que cette population de femmes férues de ces jeux n’étaient à l’arrivée de la DS, plate-forme nomade et regorgeant de titres tous plus avilissants les uns que les autres, que des adolescentes, donc d’un point de vue commercial plus facilement malléables, à grands renforts de boitiers ultra mignons, arborant chiots ou poneys. Cette technique de vente n’est évidemment pas nouvelle, elle remonte aux prémices de la publicité et a été utilisée avec la plupart des produits de grande consommation (produits genrés rose/bleu, catalogues de jouets genrés filles/garçons…), mais elle continue à créer une séparation entre les deux genres, en plus d’éduquer d’une façon rappelant les vieux cartoons Disney des années 50.
les-femmes-et-la-gachette-thewomanLes femmes aiment tuer leur prochain et aiment le gore. Les femmes aiment chasser le dragon (littéralement hein, pas fumer des joints, enfin c’est un autre débat ça) et obtenir de nouveaux pouvoirs magiques. Le problème c’est que lorsqu’elles ont l’opportunité de le découvrir, c’est soit parce qu’elles ont eu la chance d’avoir des parents renseignés sur le sujet, soit parce qu’elles ont eu une attirance naturelle pour ces jeux, ou encore par moyens détournés, notamment en voyant quelqu’un y jouer.
Le seul produit à venir apporter un peu d’équilibre dans tout cela est le RPG façon Skyrim. Genres et races permettent des combinaisons infinies, octroyant à un homme la possibilité d’incarner une femme elfe ou à une femme d’incarner un orc. Cependant tout cela reste scripté, et c’est finalement dans le MMORPG que toutes les frontières finissent par voler en éclats. Un homme peut incarner une femme dominant des femmes qui incarnent des hommes, et inversement, l’anonymat permettant ce que la « réalité » ne permet pas. La société contemporaine n’ayant toujours pas réussi à rendre les genres égaux (binaires, non-binaires et transgenres), il semble que son évolution doive passer par le cyberespace. Qui a dit que les univers numériques étaient un mal ? Ne seraient-ils pas notre avenir, ou au moins, une partie ?

PS: comme toujours les articles sont ouverts aux commentaires pour modifications/précisions, donc n’hésitez pas à commenter 😉

J’ai expérimenté la misogynie. Youpi ?

J’avais envie de faire un « petit » FTAGHN!, en attendant, parce que de plus gros arrivent (et encore, « gros » est un euphémisme…), et puis particulièrement à propos de la misogynie sur les réseaux sociaux.
Lorsque mon profil Facebook affichait « homme », les clashs arrivaient quand même, comme toujours sur ces réseaux, en revanche lorsque j’ai changé mon nom, mon genre, et mis une photo de profil correspondante à ma nouvelle identité, les discours ont très vite changé. Si tu pointes une publication raciste ou miso, tu deviens une mal baisée, et même lorsque la conversation n’a aucune animosité, les interlocuteurs masculins ont souvent tendance à s’adresser à vous de façon EXASPERANTE.
La raison de cette photo que j’ai prise, ainsi que le message, c’est que ces interlocuteurs ne peuvent s’empêcher de terminer leurs phrases par des qualificatifs rabaissants, souvent infantilisants.
— D’où je suis ton « bébé » ? D’où je suis ta « miss » ? D’où je suis ta « belle » ?

Bref, voici ce que je leur réponds…

makemyday